Pour tout comprendre sur le diabète gestationnel

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1) Mon médecin m’a demandé d’effectuer un dosage au laboratoire de ma glycémie. Qu’est-ce que c’est ?
Pourquoi me demande-t-il cela ?

La glycémie est le taux de sucre (glucose) dans le sang. Sa mesure est exprimée en gramme par litre (g/l) ou en millimole par litre (mmol/l). Votre médecin souhaite, par cette mesure, dépister un éventuel diabète gestationnel. Au premier trimestre de la grossesse, le dépistage se fait par la mesure d’une glycémie veineuse chez une femme à jeun depuis au moins 8h. La valeur normale est en dessous de 0.92g/l.
Au deuxième trimestre, le dépistage se fait par la réalisation, entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée, d’une HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). Une prise de sang est réalisée à jeun, puis une et deux heures après l’absorption de 75 g de sucre. Les glycémies sont normales si :
– la glycémie à jeun est inférieure ou égale à 0.92 g/l.
– la glycémie à une heure est inférieure ou égale à 1.80 g/l.
– la glycémie à deux heures est inférieure ou égale à 1.53 g/l.
Si l’une des valeurs est anormale c’est-à-dire supérieure à la valeur seuil, il y a un diabète gestationnel.
Ces tests sont proposés aux femmes enceintes en surpoids avant la grossesse (IMC>25 kg/m2), âgées de plus de 35 ans, avec des antécédents familiaux de diabète au premier degré (parents et fratrie), ou s’il y a un antécédent de macrosomie foetale (bébé de plus de 4 Kg à la naissance) ou de diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse.

2) C’est quoi le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel est défini par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme un trouble de la tolérance glucidique résultant en une hyperglycémie (excès de sucre) de sévérité variable, survenu ou reconnu pour la première fois au cours de la grossesse. Le diabète gestationnel est dépisté en principe au 2e trimestre de grossesse (entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée ou absence de règles).
Cette période correspond à la période d’insulino-résistance maximum chez la femme enceinte.
En effet, chez la femme enceinte non diabétique, le pancréas s’adapte et la sécrétion d’insuline augmente au fur et à mesure de la grossesse. Chez les femmes avec un diabète gestationnel, l’adaptation du pancréas est insuffisante et la sécrétion d’insuline n’augmente pas suffisamment pour pallier à l’insulino-résistance d’où l’apparition d’une hyperglycémie.
Un dépistage du diabète peut également être proposé au premier trimestre de la grossesse voir même en pré-conceptionnel afin de dépister un éventuel diabète méconnu.

3) Est-ce fréquent ?

En France, le diabète gestationnel touche 6 % des femmes enceintes. Ce taux a tendance à augmenter et est plus élevé dans certaines populations ethniques (amérindiennes, asiatiques…).

4) Quelles sont les facteurs de risque du diabète gestationnel ?

Les facteurs de risque du diabète gestationnel sont bien identifiés :
– Surpoids ou obésité maternelle : IMC (Indice de masse corporelle) : > 25 Kg/m•
– Antécédents familiaux de diabète chez les parents de 1er degré (parents, fratries)
– Âge supérieur à 35 ans
– Antécédents de macrosomie foetale (bébé de plus de 4 kg à la naissance ou avec un poids de naissance supérieur au 90e percentile pour l’âge gestationnel)
– Antécédents de diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse.

5) Quels sont les symptômes du diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel est asymptomatique dans la très grande majorité des cas. Exceptionnellement, la patiente peut présenter des symptômes de soif intense, urines abondantes et fatigue importante en cas de taux de sucre très élevé dans le sang.

6) Quels sont les risques pour mon bébé ?

Le risque le plus fréquent est la macrosomie foetale (15%) : il s’agit d’un bébé avec un poids de naissance supérieur à 4 kg (ou d’un bébé dont le poids de naissance est supérieur au 90e percentile pour l’âge gestationnel). Cette macrosomie peut se compliquer d’une dystocie des épaules : passage difficile des épaules lors de l’accouchement, pouvant entrainer des lésions traumatiques au niveau des épaules du bébé.
Le nouveau-né peut aussi, mais beaucoup plus rarement, avoir des hypoglycémies (5%) dans les quelques heures qui suivent la naissance. Cette complication survient surtout lorsque le diabète était déséquilibré en fin de grossesse et en cas de macrosomie foetale. Ces éventuelles hypoglycémies sont dépistées systématiquement par l’équipe soignante et traitée le cas échéant par un biberon d’eau sucrée.

7) Qu’est-ce que je vais devoir faire ? Quel traitement ?

Votre médecin va vous demander de contrôler votre alimentation (sucre et gras) et de pratiquer une surveillance de vos glycémies (cf question 8).
En premier lieu, il vous orientera vers une diététicienne qui vous aidera à manger plus équilibré. Il vous incitera également à avoir, si le gynécologue vous l’autorise, une activité physique régulière.
Si ces mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas, il pourra être amené à vous prescrire, dans un second temps, des injections d’insuline, les comprimés contre le diabète n’étant pas autorisés en France pendant la grossesse.

8) Comment surveille t-on sa glycémie ?

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Le taux de sucre dans le sang (glycémie) se mesure à l’aide d’un lecteur de glycémie qui est un appareil individuel de petite taille, facilement transportable. Vous pouvez mesurer vous-même votre taux de sucre au moyen de cet appareil. Vous devez vous piquer le bout du doigt avec un stylo auto piqueur pour recueillir une goutte de sang, que vous allez déposer sur une petite bandelette qui est introduite dans l’appareil. Le lecteur analyse le taux de sucre dans la goutte de sang.
Le choix du lecteur se fait en concertation avec votre équipe médicale ou votre pharmacien.

9) Puis-je éviter le traitement par insuline ? Cela m’angoisse la piqure… Je vais faire le régime…

Selon les chiffres glycémiques obtenus sous régime, le traitement sera adapté par votre médecin régulièrement.
La première règle est le respect des recommandations hygiéno-diététiques (qui sont d’ailleurs valables pour toute la famille) afin d’obtenir de bon résultats glycémiques : glycémie inférieure ou égale à 0.92 g/l à jeun et inférieure ou égale à 1.20 g/l deux heures après le repas. Le fractionnement des repas peut aider à obtenir de bons résultats.
Si malgré un bon suivi de ces règles hygiéno-diététiques, les glycémies restent au- dessus des objectifs, l’indication de l’insuline peut être posée par votre médecin. L’insuline s’administre par injections sous–cutanées, réalisées par vous-même après que l’on vous ait montré comment faire. La peur des piqûres est une angoisse compréhensible mais il faut savoir que les aiguilles utilisées pour les injections sont petites (4 à 8 mm), ce qui rend la piqûre peu douloureuse.
L’insuline n’est pas dangereuse pour le bébé, les injections faites dans le ventre ne sont pas non plus dangereuses pour lui.

10) Pourquoi plusieurs injections d’insuline ?

L’hyperglycémie à jeun est traitée par l’insuline lente avec une injection le soir, ou matin et soir selon le type d’insuline utilisée.
L’hyperglycémie post prandiale (2 h après le repas) est traitée par une insuline rapide que l’on injecte avant chaque repas.
Si ces deux paramètres sont mauvais, votre médecin pourra décider de recourir à plusieurs injections pour contrôler au mieux et tout au long de la journée vos glycémies.

11) Est-ce que le diabète va disparaître après l’accouchement ?

Dans la majorité des cas, le diabète disparaitra après l’accouchement sauf si vous étiez diabétique avant la grossesse sans le savoir. Dans ce cas, le diabète persistera après l’accouchement. C’est pour cette raison qu’il est indispensable de refaire un test de glycémie 3 mois après l’accouchement pour dépister un éventuel diabète persistant.

12) Comment sait-on qu’il s’agit d’un diabète gestationnel et non pas d’un diabète pré-existant à la grossesse méconnu ?

15% des patientes avec un diabète gestationnel sont en fait diabétiques et ne le savaient pas.
Lorsque les glycémies sont élevées sur le test de dépistage (>1.26 g/l à jeun), ou lors de la surveillance malgré un régime bien conduit, votre médecin peut suspecter un diabète pré existant. Il pourra demander dans ce cas un dosage de l’hémoglobine glyquée (Hba1c, qui correspond à la moyenne de vos glycémies sur les 3 derniers mois). Si elle est élevée (> à 6.5%), cela confirmera le diagnostic de diabète préexistant à la grossesse.

13) Ai-je un risque de devenir diabétique ?

Les femmes ayant eu un diabète gestationnel ont un risque multiplié par 7 de développer un diabète avec le temps.

14) Mon bébé va-t-il devenir diabétique ?

En règle général, non, mais les enfants de mère ayant eu un diabète gestationnel ont un risque de développer un syndrome métabolique (surpoids, trouble de la glycémie, Hypertension artérielle) à l’âge adulte.

GLOSSAIRE
Dystocie : passage difficile des épaules du bébé lors de l’accouchement pouvant entrainer des lésions traumatiques.
Glycémie : taux de sucre (glucose) dans le sang.
Hyperglycémie : trouble de la régulation du glucose (glycémie) entraînant un excès de sucre dans le sang.
Hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) : excès de sucre dans le sang provoqué par une absorption par voie orale à jeun de 75 g de sucre.
Insulino-résistance chez la femme enceinte : résistance à l’insuline pendant la grossesse.
Macrosomie : bébé pesant plus de 4kg à terme.
Recommandations hygiéno-diététiques : recommandations alimentaires d’un médecin ou d’une diététicienne afin de manger plus équilibré.
Syndrôme métabolique : surpoids, diabète, hypertension artérielle.

Sous la supervision du docteur Marie Michelin, diabétologue, Hôpital Lariboisière Paris.

FR/IA/0714/0090

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Sourcediabete.fr
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