inallah wa inna ilayhi raji’un Soumaïla Cissé emporté par la Covid-19

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Le chef de l’opposition malienne vient de succomber à Paris. Il avait le coronavirus et venait d’être évacué dans la capitale française pour y être soigné.

L’information a été confirmée à RFI par plusieurs cadres de son parti, l’URD. Le chef de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, est décédé à Paris, où il était hospitalisé pour le coronavirus.

Biographie

Soumaïla Cissé, né le 20 décembre 1949 à Tombouctou au Mali et mort le 25 décembre 2020 à Paris en France, est un homme politique malien, ministre entre 1993 et 2002 et plusieurs fois candidat à la présidence de la République du pays.

Ingénieur-informaticien de profession, il étudie à l’université de Dakar (Sénégal), puis à celle de Montpellier (France) et à l’Institut des sciences de l’ingénieur situé dans la même ville ; il est alors major de sa promotion3,4.

Il travaille au sein de grandes entreprises françaises (IBM-France, le Groupe Pechiney, le Groupe Thomson et la compagnie aérienne Air Inter) avant de rentrer au Mali en 1984 pour travailler à la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT)3.

Militant dès sa création à l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-PASJ), il devient en 1992, après l’élection d’Alpha Oumar Konaré à la présidence de la République du Mali, secrétaire général de la présidence de la République3.

Ministre
Il est nommé ministre des Finances en 1993, ministre des Finances et du Commerce en 1994, de nouveau ministre des Finances en 1997 et ministre de l’Équipement, de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme en 20003.

Candidatures présidentielles
En janvier 2002, il démissionne du gouvernement pour se consacrer à la préparation de l’élection présidentielle. Il est investi par l’Adéma-PASJ comme candidat pour la succession d’Alpha Oumar Konaré. Arrivé en deuxième position au premier tour, il est battu par Amadou Toumani Touré, au second tour, obtenant 35 % des voix5.

Considérant avoir été trahi par le président Alpha Oumar Konaré, il quitte l’Adéma-PASJ, avec une partie des militants, pour fonder l’Union pour la République et la démocratie (URD) en juin 20036.

Soumaïla Cissé est président de la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 2004 à 20117,6.

Se présentant à l’élection présidentielle de 2013, il arrive deuxième au premier tour et affronte Ibrahim Boubacar Keïta au second tour. Il reconnaît sa défaite avant même la fin du dépouillement des bulletins de vote8. Les résultats finaux le créditent de 22,4 %, contre 77,6 % pour Ibrahim Boubacar Keïta.

Candidat à l’élection présidentielle de 2018, il arrive une nouvelle fois en deuxième position du premier tour, avec 17,8 % des suffrages selon les résultats officiels, le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta arrivant en tête avec 41,7 % des voix. C’est la première fois qu’un président sortant se retrouve en ballotage pour un second tour dans l’histoire du Mali9. L’opposition dénonce des fraudes électorales et Soumaïla Cissé appelle à un « front démocratique » contre le président sortant10 tout en déposant des recours contre les résultats de l’élection11. Il ne parvient toutefois pas à rallier le soutien des candidats éliminés12. Il est battu au second tour, obtenant 32,8 % des voix. Il conteste sa défaite, dénonçant des fraudes13.