Dernière minute: La longue lettre de Thierno Bocoum “Diary Sow a assez montré de signes de détresse et d’incohérences émotives”

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“Diarry Sow n’a pas demandé à être au-devant de la scène. Que cela soit pour son livre ou pour ses résultats scolaires. Ce sont ceux qui ont été émerveillé qui lui ont mis les projecteurs. Elle n’a pas quémandé une bourse à l’Etat, c’est un droit que son mérite lui a accordé, au même titre que tous ces compatriotes méritants. Elle n’a pas demandé à ce que son retrait personnel soit médiatisé.

Au contraire, elle a voulu que cela ne le soit pas en laissant des traces. Peut-être pas assez pour ne pas compromettre sa démarche personnelle. Elle n’est fille de personne et n’a été avantagée en rien. Elle s’est battue toute seule pour en arriver là. Elle a pris les escaliers comme beaucoup d’autres quand l’ascenseur a été ouvert aux privilégiés dont elle ne fait pas partie. Celle qui ignore sa maman et sa famille pendant des semaines, malgré le désarroi et la peur qu’elle a installé.

Celle qui préfère juste laisser des traces pour que personne ne s’inquiète et a préféré allez jusqu’au bout de sa logique, malgré tout. Celle qui n’a pas choisi de contacter ses parents en premier et préfère joindre son parrain à travers une missive presque parfaite qui ne cache plus qu’elle ne révèle.

Celle-là doit être aidée. Elle a assez montré de signes de détresse et d’incohérences émotives. Nous avons été inquiets après sa disparition, nous le sommes encore aujourd’hui alors qu’elle serait réapparue. J’étais moins inquiet pour ses diplômes ou pour ses exploits que pour l’être humain qu’elle incarne. La jeune fille qu’elle est. Qu’elle nous revienne saine et sauve sans diplômes sans performances aurait suffit à déclencher notre soulagement.

C’est cet être qui mérite attention. Elle n’est pas forcément plus douée que tous, de sa génération. Elle ne mérite pas forcément autant d’attention puisqu’elle est une fille parmi tant d’autres qui ont des problèmes peut-être beaucoup plus importants. Mais les circonstances l’ont placée sous notre regard et sous notre attention.

Nous ne pouvons que la traiter comme si elle était notre propre fille. Ceux qui lui en veulent ont bien des raisons. Ils peuvent se sentir trahis ou déçus pour plusieurs raisons. Mais gérer cette question sous le prisme du ressentiment personnel occulterait forcément le devoir de comprendre l’autre. Je ne la connais pas mais j’ai une fille”, écrit Thierno Bocoum sur sa page Facebook.