Félix Mboup : « Le commissaire Sadio ne devait ni être convoqué ni être inquiété »

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Lamine Bara Gaye mon cher ami, au nom du principe sacro-saint de la liberté d’opinion, principe auquel doit s’adosser tout État de droit, qui se veut d’être viable et crédible, je crois que le commissaire Sadio ne devait ni être convoqué ni être inquiété. Pour que notre démocratie connaisse une certaine vitalité, il faut que ceux qui nous gouvernent acceptent humblement et stoïquement les critiques venant des citoyens, des vigies et de ceux qui pensent et compensent les lacunes nous empêchant de voir le bout du tunnel.

Les délits d’opinion ne doivent plus figurer dans notre code pénal. Dans la mesure où ils ne visent que les politiques, les lanceurs d’alertes et leaders d’opinion. Au moment où les crimes économiques sont couverts, passés sous silence, magnifiés voire encouragés, on se permet de poursuivre des citoyens engagés pour la cause commune, sur la base de délits mineurs, à savoir les délits d’opinion pour lesquels des auteurs du 17e siècle français n’ont nullement été bannis. Où va le Sénégal, sous le magistère de Macky Sall ? Voilà une question à laquelle le professeur Malick Ndiaye et tant d’autres Intellectuels différents des « intellectueurs » uniquement préoccupés par des rentes, prébendes, privilèges et honneurs auxquels Mamadou préférait l’Honneur, cette vertu sans laquelle tout tangue, s’effrite et s’effondre.

Si, dans un pays, les intellectuels n’osent plus donner leur point de vue sur le fonctionnement de la Cité ;

Si dans un pays, la justice se déculotte au point de sévir vainement, et de servir de bras armé au pouvoir ;

Si dans un pays le régime reste sourd aux préoccupations des populations ;

Si dans un pays, personne n’ose dire la vérité par crainte d’être réveillé, à l’heure du laitier, par la Gestapo ;

Si dans un pays ceux que l’on  prenait pour des régulateurs sociaux pactisent avec le pouvoir après avoir réclamé leur part du pactole.

C’est là, et indubitablement, le début de la fin d’une histoire glorieuse, et surtout le commencement de ce que Sony Labou Tan’si appelle « l’Etat honteux »

Démocrates et patriotes ardents, demain, ce sera le 23 juin, date inscrite dans les annales de notre histoire. Ne ratons pas l’occasion. Montrons au régime que nous avons été abusés et trahis. Comme forme de protestation, je propose que, munis de nos casseroles et sifflets, et perchés sur nos terrasses et balcons, nous chantions pour la fin du règne dictatorial.

PS. Choisissons le statut suivant, sur Facebook : Demain 23 juin, concert de casseroles à 21H. Protestons vigoureusement contre les menaces pesant lourdement sur l’Etat de droit, au Sénégal.

Xibaaru

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