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« Xana seu diabar kagna la day diour rek » Iran raconte pourquoi son ami lui en veut

SEN TV ou la scène d’une pratique religieuse sans tabou, avec le souci du pédagogue ? Oustaz Iran Ndao recrée la vie de tous les jours dans un studio ou en plein air, pour être le plus démonstratif possible. Son discours et sa méthode propulsent l’audimat vers les hauteurs. Qu’il agace ou qu’il séduise, l’homme ne laisse pas indifférent. Rencontre avec ibrahima Badiane (à l’état civil), un talibé au long cours qui préfère le salaire de dieu au virement bancaire de fin du mois.

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Le tabou sort de l’ombre, porté par un phrasé percutant, à la fois rail- leur et empreint de fermeté. L’interdit habite le studio. Ici, c’est un mannequin qui expose, à la face du monde, les séquences du bain purificateur.

Là, c’est une lettre qui met en scène un couple illégitime, entre embrassades et câlineries. Le verbe monte, caustique : « Qu’elles sont embarrassantes certaines lettres ! », dit-il un jour, l’air amusé. Une autre fois, c’est le dogme qui tranche sur l’héritage, les relations coupables, les jeux sexuels interdits, l’usure, les heurts dans le ménage, etc.

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Ce n’est pas une promesse de déluge au jour du jugement dernier, mais le prêcheur reste intraitable à l’heure de trancher. Sa boussole, c’est le verbe. La Parole de Dieu est son viatique et il la passe aux voyageurs de ce bas monde vers l’éternité.

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Cette émission, qui passe en boucle du mercredi au vendredi, est devenue une grosse attraction pour les téléspectateurs. Projeté sous les feux de l’actualité, Ibrahima Badiane porte, comme nom de succès, Iran Ndao. Il fédère, sur l’écran de la Sen Tv, des téléspectateurs de tous âges.

L’innovation ressemble, au début, à une séance de mise en valeur d’une gestuelle débridée. L’acteur serait cet homme au centre de gravité très proche du plancher, mais aux mots hauts comme un point de curiosité. Il n’a pas qu’une corpulence de bagarreur comme argument. Il a, pour convaincre, une pédagogie très terre- à-terre.

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Il communique le rire en religion et invite à la gravité des instants où il faut choisir entre le dogme, l’obscurantisme ou le libertinage. Son discours et sa méthode font débat. L’audimat explose. Sûr de son fait, Iran Ndao met l’explosion du taux d’audience de son émission religieuse sur le compte de sa méthode innovante et pédagogique.

L’image est aussi sa tasse de thé. Il justifie le recours à des exemples imagés par un souci de prendre en compte, dans son message, les non-voyants et les sourds. D’où sa propension à répéter, à haute voix, à l’antenne, les postures à prendre dans la pratique cultuelle.

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La prédiction de son grand-père

Le mannequin est un repère dans sa pratique de la religion à la télé. Face aux critiques, il assume son style basé sur la pratique plutôt que sur la théorie. Il a le mot qui accroche et le corps qui schématise. Le studio est la scène de la démonstration. La prestation continue, quelquefois, en plein air.

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Tantôt, il apparaît sur un arbre, tantôt dans une pirogue ou dans une cellule comme détenu. Le prétexte est de s’adapter à toutes les situations de la vie avec, comme variable, la prière. Il chahute ses compagnons de tournage « Maba » et « Madani » et est, à son tour, caricaturé par l’humoriste Kouthia de la Tfm. Il revendique de nombreux convertis à l’Islam.

L’entrée dans la religion musulmane se fait, souvent, par téléphone, depuis l’Europe ou les Etats-Unis. Une personnalité de la ville de Mbour compte parmi ces nouveaux fidèles musulmans pour lesquels il a été un passeur si enthousiaste.

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L’enfant du Saloum aura fait du chemin sur les sentiers de la foi. A la radio, sa carrière de prêcheur a débuté en 1997, à la station régionale de Sud Fm, à Thiès. Il y animait une émission religieuse grâce à son ami Omar Diouf Fall, directeur général de la première radio privée du Sénégal. C’est le début d’une aventure radiophonique pour ce natif de Malhem Hodar (Saloum).

El Hadji Ibrahima Badiane dit « Iran Ndao » est un pur produit de l’école coranique traditionnelle. Il entame ses humanités dans la petite bourgade rurale de Katial, sous la férule du vieux Mohamed Ndao, frère aîné de son père. Puis, il se pose à Fass, dans le même terroir.

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De cette trajectoire humaine et intellectuelle, il garde le souvenir impérissable de son grand-père, sou- cieux de son statut d’orphelin. Cet ascendant le couvre d’affection au point de le dispenser des travaux champêtres. Dans le contexte rural, c’est une grande faveur. Il le doit à sa volonté d’apprendre le Coran.

Son assiduité à l’école coranique lui vaut, un jour, une prédiction de son grand-père qui, après une corvée de désherbage des alentours de la mosquée du village, le trouve sur les lieux, pointe sa canne sur la terre et lui dit, sur un ton solennel : « Mon enfant, retiens que personne ne pourra t’empêcher d’acquérir la lumière de la connaissance et jamais tu ne tomberas dans la misère parce qu’Allah te protègera pour ce travail que tu viens d’accomplir ».

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Pour la petite histoire, le vieux protecteur repose justement à l’emplacement où il avait posé sa canne.

Rencontre avec Al Amine et Borom Daara Yi

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Les chemins de l’école coranique rencontre aussi les sentiers de l’école de la vie, dans toute la rigueur du statut de chercheur de savoir. Le jeune Ibrahima Badiane ne rechigne pas au devoir de suivre les traces des exégètes du Livre Saint.

Tivaouane est une étape décisive. Sur instruction du patriarche de la famille qui n’a pas de doute sur son potentiel, sa mère envoie le jeune talibé dans la ville d’El Hadj Malick Sy. La mission est simple : parfaire ses connaissances coraniques.

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Le jeune homme d’alors débarque dans la ville sainte avec un courrier destiné à Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine. Cette lettre est le pacte de confiance.

Iran Ndao se rappelle encore ce premier contact avec le guide religieux qui, très taquin et usant du cousinage à plaisanterie, le prend par la barbe, lui disant : « Tu ne pourras pas finir le bol de bouillie de mil que tu contemples avec un grand appétit ! »

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Serigne Abdoul Aziz, confie, par la suite, le nouvel étudiant aux maîtres Ousseynou Diène et Mamadou Diouf. Toutefois, fait remarquer Iran Ndao, « au bout d’un certain temps, j’ai constaté que ce maître coranique n’avait pas beaucoup de temps à nous consacrer et je me suis décidé à solliciter d’autres éducateurs ».

Une démarche qui lui permet de maîtriser la Charia auprès de l’Imam Moussa Diop. Il suit, par la suite, des cours très aboutis d’exégèse islamique auprès de Serigne Mansour Sy « Borom Daara Yi ». En plus de la traduction du Coran, le défunt khalife lui apprend beaucoup d’autres choses. De ce contact entre les deux hommes, est née une grande amitié qui a prévalu jusqu’à la disparition du saint homme.

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Fort de ce bagage acquis auprès d’éducateurs de renom, Iran Ndao obtient, à son tour, le statut de « maître » qui le porte à la tête du Daara de Serigne Babacar Sy. Le 10 octobre 1990, il prend en charge les petits apprenants. Iran Ndao séjourne également à Taïba Ndiaye sur ordre de Serigne Abdoul Aziz Sy pour y enseigner le Coran.

Du parcours initiatique au succès médiatique

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Ce parcours académique ne se déroule pas de manière linéaire, sans anicroches, tient-il à préciser. Cette trajectoire est jalonnée d’épreuves et de brimades, les unes plus difficiles que les autres, comme il était d’usage à l’époque dans les « daaras ».

Ce qui marque le plus le talibé Iran, ce sont les conditions d’hygiène et les brimades physiques qui lui ont laissé de vilaines cicatrices sur le cou et la jambe droite.

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« On était tellement crasseux qu’on avait des vers dans certaines parties de notre corps », se souvient Iran Ndao. Pour donner un aperçu des sévices qui étaient de mise, il révèle : « Il arrivait souvent qu’on nous mette sous le lit, la nuit, pour nous soumettre, le lendemain à l’aube, au supplice de l’eau froide ». La faim fait aussi partie du quotidien du talibé. Il doit se débrouiller pour trouver à manger.

A ce sujet, il raconte l’anecdote du bout de pain qu’il se résout, un jour, à manger en éteignant la lumière par ces temps de diète, malgré les souillures d’insectes visibles. Ces privations alimentaires d’hier font de lui l’ascète d’aujourd’hui.

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Il jeûne toute l’année, hormis les jours de Korité et de Tabaski. Son passage à la télévision est le déclic qui le propulse au devant de la scène. Se dévoile alors, à la face du public, une nouvelle forme de communication dans la sphère religieuse.

Des réticences, Iran Ndao explique en avoir eu et il ne s’en cache pas. Il pose des conditions relatives à son style de présentation et à la liberté de ton à l’émissaire de Bougane Guèye, promoteur de la Sen Tv, venu le démarcher afin de lui confier le desk religieux de la chaîne qui revendique la signature de « Télé Askan Wi » (la télévision du peuple).

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Le « Tafsir » et les lettres sont des espaces ouverts. Ces deux rendez- vous sortent des studios pour provoquer des files, avec une forte présence féminine, devant le siège de la Sen Tv, en ce mardi, en fin de matinée.

Cette affluence fait penser à des invités venus assister à un spectacle ou des gagnants aux jeux passant retirer leurs lots. Le vigile nous renseigne qu’il s’agit plutôt des audiences hebdomadaires de Oustaz Iran Ndao.

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Le célèbre prêcheur y enregistre son émission tous les mardis. Une occasion pour les nombreux fidèles de le rencontrer, après sa prestation, pour des conseils sur la pratique religieuse, dans la vie conjugale ou des dates pour les conférences religieuses.

Le prêcheur, en lui-même, est un assistant social qui partage la lumière du savoir fondé sur le Livre Saint et les moyens que Dieu met à sa disposition. Et cela est gratuit de la part de ce travailleur qui refuse un salaire au travail ou un cachet pour une conférence.

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N’essayez pas de lui forcer la main ! Son boss est averti, de même que de généreux Sénégalais partageant, avec lui, ces moments de diffusion du grand guide en religion et dans la vie de tous les jours. Puisque les deux se confondent dans la quête d’Eternité.

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