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Elections métropolitaines 2020 à Lyon : Et si le futur président n’était pas le vainqueur désigné par les urnes dimanche soir?

Illustration de vote pour les municipales dans un bureau de Lyon. — C. Girardon / 20 Minutes
  • L’élection du président de la métropole de Lyon se déroulera le 2 juin.
  • Le vainqueur sera désigné par les 150 conseillers qui seront élus dimanche. Il devra pour cela obtenir au moins 76 voix.
  • Un système complexe qui pourrait réserver quelques surprises à l’arrivée.

Qui de Bruno Bernard (EELV), François-Noël Buffet (LR/ex-LREM) ou David Kimelfeld (sans étiquette) deviendra le président de la métropole de Lyon ? Si les urnes livreront un premier verdict au soir du 28 juin, l’identité du lauréat ne sera révélée que le 2 juillet, jour de l’élection du président. Ce qui peut laisser présager quelques surprises. Comprenez que le candidat tête de liste, qui aura recueilli le plus de suffrages dimanche soir, ne sera peut-être pas forcément couronné vainqueur à l’arrivée. Explications et petit tour de revue des scénarios possibles.

Un mode de scrutin complexe

La métropole de Lyon a la particularité d’être découpée en 14 circonscriptions avec pour chacune, en fonction de leurs poids démographiques, un nombre de conseillers métropolitains allant de 7 à 17. Villeurbanne est celle qui en compte le plus. Au total, 150 conseillers seront désignés dimanche soir et ce sont eux qui seront chargés d’élire le président dans un second temps.

Dimanche, la liste, qui aura recueilli le plus de suffrages dans une circonscription, y obtiendra automatiquement la moitié des sièges à pourvoir. Le reste sera réparti à la proportionnelle entre les différentes listes dont celle qui est arrivée en tête. D’où l’importance de remporter les bastions clés. Les circonscriptions de Rhône Amont (Décines-Vaulx-en-Velin), Lônes et Côteaux (Givors, Oullins, Girgny…) et Val de Saône, qui comptent entre 12 et 14 sièges chacun, attisent déjà les convoitises. Sans oublier l’Ouest lyonnais ainsi que les circonscriptions de Lyon centre et Lyon Ouest, détentrices chacune de 11 sièges.

Un troisième tour déterminant

« Il n’y aura sans doute aucune majorité qui se dessinera le 28 juin », prédit un député LREM. Les alliances nouées entre les deux tours (EELV-FI-PS d’un côté et LR-LREM de l’autre) sont susceptibles de dérouter une partie de l’électorat. Un certain nombre de militants écologistes pourraient rechigner à voter France Insoumise. Possible aussi que les électeurs de droite hésitent avant de glisser un bulletin en faveur des équipes de Gérard Collomb dans l’isoloir. Et vice-versa.

« Les écologistes seront certainement en tête du nombre de sièges mais tout se jouera au troisième tour… et même à la majorité relative », avance un élu. Le 2 juillet, plusieurs tours pourraient être nécessaires pour apporter au futur vainqueur la majorité absolue, à savoir 76 voix. « Si Bruno Bernard (EELV) compte déjà 76 sièges le 28 juin ou qu’il dépasse les 70, ça sera plié, poursuit-il. Mais les scores seront plus serrés que ça ». Le résultat final, dans ce cas de figure, dépendra certainement des tractations passées et accords noués en coulisse.

« C’est un peu l’héritage de l’ancienne Courly, sourit un député. Gérard Collomb était d’ailleurs très fort lors du 3e tour ». En 2014, la gauche dans sa large majorité (écologistes compris) ne disposait que de 77 sièges sur 162 au Grand Lyon. Mais le maire sortant de Lyon avait réussi à récolter 92 voix en sa faveur, contre 58 pour son adversaire de droite François-Noël Buffet… avec lequel il a pactisé aujourd’hui. A l’époque, Gérard Collomb avait su convaincre les maires centristes ou indépendants du groupe Synergie de le rallier. Comme il l’avait fait déjà fait en 2001 au moment de succéder à Raymond Barre alors qu’il était minoritaire en nombre de voix.

David Kimelfeld en embuscade ?

La présidence va-t-elle se jouer entre Bruno Bernard et François-Noël Buffet, donnés au coude à coude dans les sondages ? Dans la peau de l’outsider, le président sortant de la métropole David Kimelfeld, qui n’a noué aucune alliance, pourrait avoir une carte à jouer s’il réalise un bon score dimanche. Ce dont est persuadée son équipe de campagne qui le présente comme « l’homme du rassemblement ». « Il a l’avantage du sortant. Il a prouvé qu’il connaissait ses dossiers. Les trois dernières années lui ont permis de tisser des relations avec les maires de tout bord et d’en être apprécié, glisse un colistier. Si ces derniers sont réélus dimanche, il peut se passer quelque chose ».

De là à imaginer que des maires de droite ou des conseillers écologistes puissent voter en faveur de David Kimelfeld, il n’y a qu’un pas que les observateurs politiques verraient bien franchir. Lorsque Gérard Collomb a quitté le ministère de l’Intérieur pour revenir sur ces terres lyonnaises, plusieurs élus de droite avaient alors loué les qualités de son successeur, soulignant sa capacité à concerter et à écouter les avis de chacun. Mais pour que David Kimelfeld puisse peser dans les débats, il lui faudra se hisser en seconde position ou ne pas être distancé par ses deux adversaires.

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Astou Sall
Férue d'actualité internationale, je suis journaliste depuis 2016. J'ai commencé ma carrière à Galsen221.com pour ensuite être orientée vers politique221.com Contact: [email protected]

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