Momar Ndao, Ascosen : « Le Sénégal fait partie des pays où les droits des consommateurs sont les mieux défendus »

Président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), Momar Ndao a pris part, ce jeudi, à la rencontre entre les journalistes et les responsables de Nestlé Sénégal. Une occasion pour lui de faire l’état des droits du consommateur dont la journée est célébrée, ce vendredi.

C’est demain, vendredi que va être célébrée la journée du consommateur. Etes-vous satisfaits de vos droits ?

Le Sénégal fait partie des pays où les droits des consommateurs sont les mieux défendus en Afrique. C’est vrai qu’on n’est pas très contents encore parce qu’il y a beaucoup de choses qu’il faut améliorer. Sur la baisse du prix du loyer, il y a des problèmes de suivi de la part du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan. Si vous regardez aujourd’hui, le consommateur sénégalais est l’un des consommateurs qui a le plus d’initiative de réclamations. Avant quand on perdait quelqu’un dans un hôpital, les gens disaient que c’est Dieu qui a décidé ainsi. Aujourd’hui ils disent qu’elle est la responsabilité de l’hôpital et celle du médecin. Est-ce qu’il a été bien pris en charge normalement ? Tout cela, c’est la conscientisation sur 30 années aujourd’hui qui fait que le consommateur est très exigeant. Ces exigences sont encore aussi neutralisées dans certains domaines. Par exemple, si on prend le rapport entre le boutiquer et les ménagères. Les boutiquiers ne respectent aucune des prescriptions données sur les prix administrés par l’Etat, ni les règles de conservation des produits alimentaires parce que tous les soirs ils éteignent leurs frigos. Donc les produits sont morts avant même d’être utilisés. Les ménagères le savent mais ne vont pas le dénoncer parce que si elle le fait demain il ne va pas leur prêter une bonbonne de gaz ou une baguette de pain. Ce qui fait que c’est des clients captifs et cela aussi ce sont des freins pour le consommateur. C’est pourquoi nous demandons à l’Etat de prendre des dispositions fondamentales notamment la mise en place du Haut conseil de la consommation. C’est extrêmement important. Cela va permettre de mieux capaciter les associations de consommateurs, de mieux gérer ces manquements qui sont notés dans les relations entre les usagers et les consommateurs et même temps d’avoir une approche de sécurité sanitaire des aliments pour mieux protéger la santé des consommateurs.

Quels sont les moyens nécessaires pour faire face à ces exigences

Les premiers moyens que nous avons ce sont les moyens d’influences. Nous parlons avec des autorités qui prennent des décisions. Et c’est ainsi que nous obtenons un certain nombre de résultats. D’ailleurs si vous avez vu aujourd’hui les approches ne sont plus forcément conflictuels. C’est plutôt des approches de suggestions qui permettent d’avoir des résultats. Depuis 2012, on a eu presque que des baisses sur les prix et la somme des baisses qui ont été réalisés sur des produits tels que le carburent, l’électricité, le loyer etc, ce sont des économies d’environ un million de F CFA pour un ménage qui a un véhicule, qui habite Dakar, qui est en location et qui a à peu près 10 personnes à nourrir. Mais, nous voulons toujours qu’on améliore les choses, qu’on aille davantage sur la protection de la qualité des produits et jusqu’aujourd’hui certains produits de premières nécessités soient dans le régime l’homologation notamment le ciment et tous les autres produits qui sont dans une situation de liberté et qui se fait au préjudice du consommateur.

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Quel est votre avis sur la consommation des bouillons ?

Je pense que c’est un peu compliqué de dire que c’est bon ou c’est mauvais. Les médecins ont raison quand ils disent que les bouillons exacerbent les maladies cardiovasculaires. Parce que dans chaque bouillon de 10g, il y a 5 g de sel. Aujourd’hui, c’est reconnu partout que la consommation de sel est fondamentale dans le développement des maladies cardiovasculaires. C’est la raison pour laquelle l’Organisation mondiale de la santé dit qu’on ne doit pas dépasser environ 5g de sel par jour et par personne. Or, prenons une dame qui prépare son « Soupe Kandja ». Elle prend plusieurs cubes de 10g qu’elle met peut-être pour 5 ou 6 personnes. Elle met des produits de la mer qui sont déjà salés. Donc l’apport des produits en mer est extrêmement important sans compter le sel qu’elle va ajouter plus le sel qu’il y a dans les bouillons. Manger trop salé dans ces conditions est trop dangereux. Il ne faut pas manger trop salé, ni trop gras et trop sucré. Les fabricants de bouillons disent que leurs produits sont inoffensifs. Mais il faut savoir que le produit qui pose le plus de problème à part le sel est le glutamate de sodium. Hors le glutamate de sodium est un produit qui est autorisé par l’Union européenne (Ue) qui lui a donné une numérotation qui est dans une liste positive. Maintenant, je pense qu’en dehors du glutamate de sodium la menace principale c’est le sel qui est très présent. Et la consommation du bouillon n’est pas très bien géré par les ménagères et cela peut créer des difficultés. Le bouillon lui-même dans sa composition intrinsèque ne peut pas causer de danger mais dans son utilisation, ça cause des dangers si on dépasse sa quantité maximale admissible.

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