Nouveau Scandale audio d’une drianké “danou appel vidéo 30000 fr”

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Le moussor au Sénégal comme par exemple le « Gele » au Nigeria (à l’origine Yoruba) est à la fois un pointeur social et un indicateur de l’état d’esprit de celle qui le porte.

Il y a le moussor de la « drianké », riche, opulent comme il se doit, ostentatoire, assorti au large boubou ou d’un ton légèrement contrasté, en voile léger pour mette en valeur l’ensemble. Avec un je ne sais trop quoi d’aguicheur, dans l’inclinaison de la coiffe, dans une apparence de négligé qui laisse un bout flotter sur le cou…

Il y a le moussor de la travailleuse manuelle et de la paysanne qui attachent solidement les deux bouts de tissu sur le front ou en arrière. Quelques fois, elles l’enlèvent de la tête pour s’en ceindre les reins.

Il y a le moussor de tous les jours, de la femme au marché ou au bureau, assorti ou non au boubou, quelques fois couvrant à moitié la tête et tombant négligemment sur le cou ou sur l’épaule. Quelques fois voilant le visage tout entier.

Il y a le moussor de la jeune fille qui n’en porte qu’à l’occasion de cérémonies quand le grand boubou est de mise.

Il y a bien sûr le moussor des « mamans » : attaché sévèrement sur le front, qu’on porte bas et plat et qui confère un indéfinissable air d’autorité et de.…résignation.

Je prétends même qu’il suffit de regarder le moussor des femmes de ce pays, pour en apprendre sur les manières d’être, d’agir et de penser des Sénégalais et pas seulement des Sénégalaises.

Il y a ainsi le moussor « soutoura », comme il y a le moussor « pank », séducteur et aguicheur, le moussor de fête et le « moussor » des jours de deuil.

C’est dire que je comprends l’argument de Penda Mbow comme une défense du moussor en tant qu’artefact de la culture de ce pays.