Le pétrole et le gaz ont encore chauffé l’Assemblée nationale hier, lors du vote de la loi n° 16/2018 autorisant le président de la République à ratifier l’accord de coopération inter-Etats portant sur le développement et l’exploitation des réservoirs du champ Grand Tortue/ Ahmeyim entre le Sénégal et la Mauritanie, signé le 9 février 2018 à Nouakchott. En effet, dès la fin de la lecture du rapport, le désaccord s’est installé dans la salle de l’hémicycle.

Une interprétation de procédure sur une question préjudicielle et une motion préjudicielle a opposé le député Ousmane Sonko et le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse. Cette divergence sur la manière de conduire le débat, a installé un désordre indescriptible dans la salle. Ce qui a poussé le président de l’Assemblée nationale à suspendre la séance pendant plus de 50 minutes. Mais cela n’a pas pour autant apporter l’apaisement au sein de l’hémicycle.

En effet, dès la reprise des travaux, le président de l’Assemblée nationale s’est livré à une séance d’explications du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. « Ici, c’est facile de parler. C’est facile de troubler. Mais si c’était dans la rue, ça tournerait autrement », a menacé Moustapha Niasse. Aussitôt, la salle de s’embraser de nouveau. Les députés Ousmane Sonko et Dethié Fall ont interrompu le président qui a persisté en lançant : « Vous ne pouvez rien imposer ici ». Cela, alors qu’ils étaient assaillis par certains députés.

Finalement, après moult conciliabules et bons offices, le calme est revenu. Mais les députés de l’opposition et les non-inscrits ont pris l’option de renoncer à leurs temps de parole, à l’exception d’Ousmane Sonko qui est intervenu pour poser des questions de principe. « Il est temps que l’Assemblée nationale obéisse à son règlement intérieur et à l’interpréter selon les desiderata. Ce n’est pas acceptable », a tonné Sonko.

« Dans cette Assemblée, ces derniers temps, on a vu des pratiques inacceptables, avec des votes sans débat, nulle part prévus par le règlement intérieur, jusqu’à l’inclusion des forces de gendarmerie pour intimider les gens qui sont élus par le peuple ; c’est inacceptable », a soutenu Ousmane Sonko.

« Monsieur Niasse, nous vous respectons par rapport à votre âge, nous exigeons de votre part le même respect. Un députe, on ne doit pas lui interdire une prise de parole. Les 3 ou 5 minutes du député, je ne vois pas ce que cela vous coûte. Quand on cite nommément un article, c’est cela qui est important et non des détails », a-t-il martelé, avant que le président Niasse ne lui réponde tout de go: « le respect ne s’impose pas, il se mérite ».

Vox Populi

GALSEN221 TV