Gendarmerie – Grosse révélation : Le patron de la Section de Recherches bientôt remplacé ?

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Dire que le Chef d’escadron Abdou Mbengue n’est pas en odeur de sainteté avec certains caciques du pouvoir relève de l’euphémisme. Pour avoir conduit l’affaire de viols multiples et menaces de mort impliquant un député en droite ligne du Code de procédure pénale, le patron de la Section des Recherches de la gendarmerie, n’est plus en odeur de sainteté auprès de certains cercles du pouvoir qui tiennent à lui faire payer ce qu’ils considèrent comme un crime de lèse-majestés.

Nommé en août 2018 en remplacement du lieutenant-colonel Issa Diack dont il était l’adjoint, le commandant Abdou Mbengue a réussi à obtenir des résultats qui plaident en sa faveur. Du trafic de drogue en passant par les affaires Batiplus, du député Boughazelli, le démantèlement de la bande qui a tué l’Adjudant/Chef Major Tamsir Sané…. l’ancien Commandant de la compagnie de gendarmerie de Dakar aura réussi à maintenir le cap sur la rampe de la gestion par les résultats (G.A.R) au point que régulièrement, il était félicité par sa hiérarchie.

Cette réussite ne pouvait pas être un hasard dans la mesure où dès sa prise service, Abdou Mbengue a procédé à des ruptures profondes en s’appuyant sur les fondamentaux de cette unité bien spéciale de la Gendarmerie créée en 2001. C’est ainsi, pour permettre à ces enquêteurs spécialisés dans différents domaines de réussir les missions futures, le Commandant Abdou Mbengue a mis fin aux dépôts directs de plainte au niveau du siège de la Section.

Si la hiérarchie de la gendarmerie soutient et renouvelle sa confiance au Chef d’escadron, il en est autrement pour certains faucons qui cherchent des poux au Commandant Mbengue. Ce que confirme Magor Mbaye, un juriste, « Très vite, les gendarmes ont compris que cette affaire avait des relents politiques d’où les précautions prises pour entendre plusieurs fois la présumée victime et les autres acteurs ». Pour M. Mbaye, « En relevant certaines contradictions, les enquêteurs ont flairé le coup foireux mais apparemment, cela n’intéressait pas le parquet ».

Maintes fois félicité pour l’excellence du travail abattu depuis 2018, l’affaire dite Adji Sarr/Ousmane Sonko sèmerait les premières fritures sur la ligne bien huilée entre le patron du parquet et le chef d’escadron de la Section de Recherches

En recevant directement la plainte de la nommée Adji Sarr, masseuse de son état contre le député Ousmane Sonko pour des faits de viols répétitifs et menaces de mort, le Commandant Mbengue, en fin limier a pris toutes les précautions d’usage au vu du profil de l’accusé. Une mesure qui se révélera bénéfique quand les enquêteurs découvriront au fil de la procédure qu’il existait beaucoup de zones d’ombres dans cette accusation.

« Vous savez à la gendarmerie, il y’a des valeurs qui sont incarnées par les officiers, sous-officiers et gendarmes. C’est justement à cause de ces valeurs que nous sommes cordialement détestés de part et d’autre de la société », renseigne le Colonel de réserve Babacar Gaye. Selon lui, « Au vu de certaines contradictions dans cette enquête, aucun officier de police judiciaire sérieux n’aurait accepté de noircir sa carrière dans une procédure qui allait être démontée en pièces par les avocats de Ousmane Sonko ».

Les OPJ sont avant tout des gendarmes et donc, doivent obéissance à la hiérarchie même s’ils sont notés par le Procureur de la République. Leurs comportements ou leurs implications dans ce qui pourraient nuire à l’image de la gendarmerie, ne saurait être tolérés par le commandement

« Honneur et Patrie », telle est la devise de la gendarmerie. Et à ce titre, aucun officier ne pourrait « accepter une compromission ». Dans cette affaire qui défraie la chronique, notre interlocuteur se veut très précis, « Connaissant le Commandant Abdou Mbengue, je suis sûr qu’il n’admettra aucune pression dans le cadre de son travail mais, bientôt les sénégalais découvriront le niveau de responsabilités de tout un chacun ». Et, « L’honneur de la gendarmerie est sauve, c’est le plus important », conclut il.

Le concept de cette unité a été pensé dans un premier temps par le colonel Makhtar Sow qui, dès 1997, engage la réflexion pour sa mise en place. Les documents sont rendus en 1999 au Haut commandement de la Gendarmerie alors que le Général Pathé Seck était aux commandes. Inspiré de la France, le service ne sera fonctionnel que deux ans plus tard, en 2001.

Cheikh Saadbou Diarra