Le cœur meurtri, Me Assane Dioma Ndiaye après le décès de Me Khassimou Touré : « cette nuit sera très longue pour le barreau… Demain, je devais plaider à ses côtés à Diourbel… »

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Le Sénégal vient de perdre un illustre avocat qui a fait son temps et marqué, particulièrement le monde du barreau sénégalais. Me Khassimou Touré a rendu l’âme ce lundi à Touba, mais le monde des robes noires ne sera pas sans souvenir. Le regretté avocat a vraiment laissé une marque indélébile si l’on se fie aux propos de certains de ses confrères qui l’ont connu. Me Assane Dioma Ndiaye, sera de ceux qui continueront le plaidoyer sur l’homme qui l’a particulièrement marqué. « Je suis vraiment abattu quand j’ai appris la nouvelle. Cette nuit sera à jamais gravée dans la mémoire des avocats du barreau du Sénégal, mais également pour tous les hommes animés de paix, de justice, bref, pour tous les combattants de la liberté », a confié Me Assane Dioma Ndiaye, au téléphone de Dakaractu.

En effet, l’avocat témoignant sur celui avec qui il a à maintes reprises travaillé, ajoute que le disparu (Me Khassimou Touré), « aimait également faire le pari du droit et se donnait à fond quand il se battait pour des causes justes. Honnêtement, c’était un homme qui dominait son panorama ».
Pour le président de la ligue sénégalaise des droits humains, Me Khassimou Touré avait le comportement d’un aristocrate, « c’est d’ailleurs une chose qui était inné en lui. Dans le cadre de ses rapports même, cette attitude était très visible », rappellera la robe noire qui soulignera au passage qu’il devait même plaider aux côtés du regretté Khassimou Touré. « C’est devant le tribunal de grande instance de Diourbel que nous devrions nous retrouver demain pour défendre une cause qu’on partageait ensemble », nous confie Me Assane Dioma Ndiaye.
Se souvenant d’une anecdote sur l’engagement de feu Me Khassimou Touré, le confrère éploré poursuit : « Je me rappelle, qu’il y’a deux mois que nous étions côte à côte, alors qu’il plaidait, il s’est subitement retourné pour me dire ‘ Assane Dioma, il est inadmissible qu’on n’ait pas de casier ici, au niveau de la barre pour mettre des dossiers… » Tout ceci pour simplement dire que les avocats doivent disposer des instruments nécessaires pour mener leur travail comme il faut.
Me Assane Dioma Ndiaye d’ajouter que le disparu lui avait même confié de se charger de tout faire pour mettre des casiers sur la barre. «Hélas, là il ne reviendra plus jamais”.
C’est donc, pour Me Assane Dioma Ndiaye, « une perte qui sera difficile à combler. Mais ce qui reste c’est juste de l’immortaliser car, c’est tout ce dont disposent les avocats comme consolation… »