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Vivre avec le COVID-19, vers une endémisation de l’épidémie. Quelles stratégies de sortie de l’état d’urgence et du ralentissement des activités économiques et sociales.

Vivre avec le COVID-19, vers une endémisation de l’épidémie. Quelles stratégies de sortie de l’état d’urgence et du ralentissement des activités économiques et sociales.
L’analyse du complexe pathogène lié à l’épidémie, laisse présager de l’existence d’une dynamique communautaire souterraine comme le prouve les cas communautaires qui sont chaque jour notifiés par le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale. Tout laisse penser que cette dynamique ira en s’amplifiant lorsqu’on analyse les forces motrices qui animent le réacteur qu’est l’épidémie, le combustible étant le virus. Ces dernières sont essentiellement au nombre de quatre: une contagiosité importante (20 personnes ont été contaminées par n malade), une période d’incubation pouvant atteindre 15 jours, des porteurs asymptomatiques du virus et un ’environnement social, culturel et économique favorable habituellement à la propagation du virus (mobilité, sociabilité, promiscuité, pauvreté). On peut aujourd’hui affirmer sans se tromper que nous assisterons pendant plusieurs mois encore à des notifications de cas. Dans un contexte d’imprévisibilité et d’incertitudes scientifiques, il faut développer des stratégies de gestion des risques qui donnent une plus large place aux méthodes prospectives et anticipatrices. Sous ce rapport, la lucidité plus que jamais nécessaire nous amène à penser que le virus continuera à circuler dans la zone africaine et que c’est un scénario de coexistence avec le virus  qui s’impose à nous. Afin d’éviter qu’un drame économique succède à un drame sanitaire, il convient d’identifier les stratégies les plus productives permettant de sortir de l’Etat d’urgence et de ralentissement des activités économiques dans lequel nous sommes, pour progressivement reprendre les activités économiques et sociales.
 
1 – Le renforcement et la décentralisation de la capacité de prise en charge des malades par le COVID-19
 
La très forte contagiosité de la maladie est responsable d’une diffusion importante du virus, de ce fait les personnes infectées doivent être isolées avec la nécessité pour nombre d’entre eux  d’une réanimation intensive. Sous ce rapport, L’OMS s’attendait à ce que les Systèmes de santé africains s’effondrent devant cette épidémie, ce n’est apparemment le cas. Au Sénégal, le gouvernement ayant d’emblée pris conscience de la gravité de la menace, a élaboré, financé et mis en œuvre un plan de riposte qui a été adapté en fonction de l’évolution de l’épidémie. Si au Sénégal beaucoup d’efforts ont été consentis en termes de structures de santé, d’équipements et de recrutement de personnel technique, force est de reconnaitre qu’il existe toujours la crainte d’une inadéquation entre la charge en soins que pourrait occasionner l’épidémie et la capacité de prise en charge des malades par nos structures de santé notamment les hôpitaux. La répartition de l’offre de soins pour les malades atteints par le C0VID-19, prise en charge par les exercices de planification a permis jusqu’à maintenant la validation de la confrontation d’une part, de la carte d’activités avec d’autre part la morbidité liée au COVID-19. Des efforts importants ont été faits par le Gouvernement pour atténuer les disparités qui  avant étaient facilement perceptibles à la lecture des quotients de mortalité. Ce qui pose problème, c’est certes les moyens qui doivent être mis en œuvre pour prévenir et lutter contre la maladie, mais aussi, la capacité de cette épidémie à soustraire du champ sanitaire d’autres problèmes concomitants de santé publique ; n’oublions pas que la première cause de mortalité au Sénégal est constituée par les maladies cardiovasculaires.. En continuant l’analyse, on se rend compte combien il est légitime de soulever cette problématique, en effet on peut constater que La manière dont l’épidémie a été portée dans l’espace public et constituée en problème sécuritaire, est révélatrice beaucoup plus de la morbidité sociale importante liée à cette affection, que de la réalité épidémiologique stricte telle qu’elle peut être objectivée par les indicateurs utilisés en santé publique pour mesurer la gravité de la maladie (létalité). Il faut reconnaitre qu’il est toujours difficile pour notre pays de se doter de politiques sanitaires qui le préparent à répondre aux nécessités de demain tout en lui permettant de faire face aux urgents besoins du présent. Le principe de précaution impose à notre pays d’adapter son système de santé dans son ensemble à la gestion d’une crise majeure, défi auquel notre pays a essayé de faire face  jusqu’à maintenant avec beaucoup de résilience. Tout ceci veut dire que la réponse la plus cohérente aujourd’hui doit aussi être celle qui ouvre les voies les plus favorables à plus long terme ; Cette perspective conférerait à l’élaboration des décisions un sens de l’orientation et du but à atteindre qui fait souvent cruellement défaut lorsqu’elle s’opère sous les pressions  d’une crise. Il faut donc augmenter et décentraliser la capacité d’accueil des patients porteurs du COVID-19, car rappelons le, une épidémie se gère toujours dans l’anticipation sur le coup d’après
 
2 – Renforcement des activités de  promotion des « mesures barrière »
 
Nous avons déjà vécu l’épidémie d’Ebola, alors la question qu’on se pose tout de suite, c’est comment faire aujourd’hui pour que les acquis en termes de comportements se pérennisent. S’il est possible d’enrayer l’évolution de la maladie en adoptant des gestes très simples (lavage des mains avec l’eau savonneuse ou nettoyage les mains avec une solution hydro- alcoolique, la distanciation d’au moins  un mètre, tousser dans le creux du coude, se moucher avec un mouchoir que l’on jette après à la poubelle) par contre, un tel comportement dépend d’autres facteurs, pouvant échapper au pouvoir individuel, hors de la variance du comportement de ce dernier. Si l’information et l’éducation pour la santé sont des stratégies essentielles pour se prémunir d’une épidémie comme celle qui sévit actuellement au Sénégal, elles ne peuvent cependant exister par elles-mêmes et pour-elles même, elles n’acquièrent leur signification réelle que par la mise en corrélation de l’état de santé avec les autres conditions sociales et économiques. Il faut prendre en compte les modèles conceptuels qui sous- tendent les pensées médicales des populations sénégalaises, ces modèles constituent l’arrière fond beaucoup plus stable en fonction duquel se conçoivent et s’élaborent les stratégies adaptatives en matière de santé. L’éducation pour la santé qui fait la promotion de messages qui il faut le dire sont clairs, lisibles et scientifiquement validés, doit être renforcée ; cette stratégie qui vise à améliorer la responsabilité individuelle et collective lors des choix qui concernent certains comportements ou modes de vie dangereux pour la santé vise à développer chez les citoyens une conscience sanitaire qui devra les rendre responsables de leur propre santé. Il faut que chacun prenne conscience du patrimoine que représente sa santé. Il reste aussi que si le grand défi du renforcement de la citoyenneté en matière de prévention reste la responsabilité, cependant, l’éternel postulat de cette dernière n’aura un sens que lorsque les comportements auto-préjudiciables auront une alternative judicieuse (si on veut que les gens se lavent les mains, il faut que les robinets ne soient pas coupés). Les journalistes sénégalais ont été des partenaires précieux qui ont pu non seulement assurer efficacement la promotion des mesures barrière mais ont aussi, participé aux débats publics organisés autour de l’épidémie à Coronavirus. Le monde des médias et celui de la santé ont besoin de travailler en étroite collaboration ; cette dernière ne peut pas se limiter comme c’était le cas avant à des plages publicitaires réservées au niveau des supports de l’information par le Ministère de la Santé et de l’Action sociale. 
 


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