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Super League suisse : Saint-Gall, l’invité surprise dans la course au titre

Depuis la création de la Super League suisse (en 2004), le FC Bâle s’est adjugé 11 fois le championnat. Un appétit d’ogre qui n’a laissé au FC Zurich (3 titres) et aux Young Boys de Berne (les 2 derniers titres) que des miettes. Pourtant cette année, un invité surprise se mêle à la table des grands. Leader avant l’arrêt des compétitions à la mi-mars, le FC Saint-Gall est reparti sur les mêmes bases solides pour la reprise. Vainqueurs sur la pelouse du FC Sion 2-1 samedi dernier, les Brodeurs sont toujours en tête du championnat, à égalité de points (48) avec les Young Boys, et 8 unités désormais devant les Bâlois. La question est maintenant sur toutes les lèvres en Suisse, Saint-Gall va-t-il pouvoir tenir le rythme ?

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Un budget largement inférieur à ses concurrents

«La route est encore longue jusqu’au titre national. Nous avons encore 13 matches (12 désormais, ndlr) à jouer. Nous demeurons des outsiders par rapport aux Young Boys et au FC Bâle ! Notre objectif est de nous immiscer le plus longtemps possible dans la lutte pour le titre et de conserver notre place sur le podium. Il faut espérer que cette lutte soit la plus disputée possible pour oublier le fait que l’on joue à huis clos. Jouer sans public des matches sans grand enjeu ne sera pas vraiment gratifiant», confiait le président du club Matthias Hüppi à la Radio Télévision Suisse quelques jours avant la reprise. La tâche s’annonce délicate pour le club dont le budget atteint péniblement les 20 M€.

C’est plus de deux fois moins que ses concurrents (45 M€ pour Bâle, 50 M€ pour Berne) pour le titre de champion.
Revenu en Super League au début de la décennie, le club assure tous les ans sa place dans le ventre mou du championnat. Cette année sous la houlette de l’Allemand francophile et francophone Pieter Ziedler, l’alchimie a pris une tournure inattendue et dans un style de jeu très intense. «C’est une aventure excitante. Personne ne sait ce que ça va donner», concède l’ancien coach de Sochaux. L’effectif est constitué en majeure partie de joueurs recrutés libres. Seul le milieu de terrain allemand Lukas Görtler a été recruté pour 450 000 € en début de saison à Utrecht. Les autres joueurs viennent tous de championnats souvent moins scrutés que les autres comme les 2e divisions françaises, portugaises, espagnoles et suisses. Le Français Yannis Létard a même été repéré en 4e division allemande.

Des recrues ciblées dans les petits championnats

«Depuis deux ans et demi, nous nous efforçons de ne pas dépenser l’argent que nous ne gagnons pas. Cette gestion nous sert grandement aujourd’hui. Beaucoup de sponsors, dont les plus importants, ont déjà prolongé leur contrat. Personne n’est encore descendu du train. Ce qui se passe à Saint-Gall est extraordinaire», poursuit le président Hüppi. Autre succès pour la formation helvétique, sa capacité à mettre en lumière quelques-uns de ses jeunes joueurs. Betim Fazliji (21 ans – milieu défensif ou défenseur central) et Miro Muheim (22 ans – latéral gauche) jouent leur carte à fond cette saison mais c’est surtout le talent précoce et la maturité de Leonidas Stergiou (18 ans – défenseur central) qui impressionnent. «Il est sobre, efficace et en même temps rapide dans ses décisions et dans l’exécution», commente un Ziedler comblé par les qualités du premier joueur né en 2002 à disputer une rencontre de l’élite en Suisse. Son club formateur a d’ailleurs profité du confinement pour le prolonger jusqu’en 2024.

Au sein de cette équipe très jeune (seuls deux joueurs ont plus de 30 ans), on retrouve également Cédric Itten (23 ans), dont nous avions fait le portrait il y a quelques mois. Avec ses 11 buts en 23 rencontres, l’international de la Nati est le 2e meilleur buteur de la Super League (loin derrière Jean-Pierre Nsamé et ses 21 réalisations tout de même). Désormais, c’est l’heure du sprint final et c’est là que les choses se compliquent pour les Verts et Blancs. La profondeur de l’effectif est beaucoup moins importante que celle de ses concurrents directs. Quand Bâle et les Young Boys possèdent plus de 20 joueurs à au moins 500 minutes de jeu, Saint-Gall n’en dispose que de 13. Deux éléments importants comme Létard et Boris Babic sont en plus blessés en ce moment. À l’inverse, le club de Berne a récupéré plusieurs absents de longue date.

Saint-Gall va-t-il tenir la cadence ?

Une mauvaise nouvelle pour la belle surprise de la saison, d’autant que le championnat va prendre un rythme effréné pour se conclure au début du mois d’août. À la cadence d’un match tous les trois jours, la dimension physique va prendre une importance capitale. «Nous allons avoir besoin de davantage de joueurs, de bons joueurs. Je n’ai pas peur», affirmait Ziedler dans les colonnes de Le Matin. D’autres jeunes auront sans doute un peu de temps de jeu comme Tim Staubli (20 ans – milieu), Fabio Solimandon (18 ans – milieu offensif) ou Angelo Campos (attaquant – 20 ans). Et si c’était ça le destin des Saint-Gallois ? Remporter le 3e titre de l’histoire du club (après 1904 et 2000) avec des éléments dont la plupart n’étaient même pas nés lors du second sacre.

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Astou Sall
Férue d'actualité internationale, je suis journaliste depuis 2016. J'ai commencé ma carrière à Galsen221.com pour ensuite être orientée vers politique221.com Contact: [email protected]

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