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Guinée: Alpha Condé se sert du décret présidentiel pour reporter les legislatives

Le Président guinéen Alpha Condé a fixé ce mardi 4 février 2020 la date du référendum constitutionnel au dimanche 1er mars 2020.

C’est désomais officiel, les élections législatives et le référendum constitutionnel seront couplés. C’est du moins la quintessence d’un décret lu ce soir à la télévision nationale.

Un référendum constitutionnel sera organisé le dimanche 1er mars 2020 en Guinée, précise le décret en son article 1er.

Le corps électoral est convoqué le même jour pour les scrutins législatifs et référendaires, indique l’acte du pouvoir central en son article 2 alors que l’article suivant précise que les bureaux de vote sont ouverts à 8 heures et clos à 18 heures sur toute l’étendue du territoire national.

La Commission électorale nationale indépendante prendra toutes les dispositions matérielles et réglementaires pour l’organisation cumulée des élections législatives et de la consultation référendaires, précise le décret signé ce soir par Alpha Condé.

Avec afriqueguinee

La crise économique du Liban: un casse-tête pour les autorités

La croissance économique libanaise, en ralentissement depuis 2011 suite aux printemps arabes, au conflit syrien et aux tensions politiques internes, a connu une nette détérioration en 2019, les difficultés économiques se mêlant à une crise politique et nourrissant de virulentes revendications sociales. Estimée à 0,3% en 2018, la croissance du PIB s’est élevée à 0,2% en 2019 et ne devrait que faiblement augmenter en 2020 (0,9%) et 2021 (2,3%) selon les prévisions du FMI. Les moteurs traditionnels de la croissance au Liban (immobilier, construction et tourisme) sont au point mort et le secteur bancaire jusqu’ici loué pour sa résilience s’est révélé vulnérable, laissant entrevoir des perspectives inquiétantes pour la croissance.

Une crise de l’endettement

Le Liban croule en effet sous une dette de plus de 86 milliards de dollars, soit un peu plus de 150 % du PIB. Ce taux est comparable à celui de la Grèce en 2010 lors de la crise de la zone euro. D’où vient cette crise de la dette ? La classe politique libanaise, selon Samir Aïta, est responsable de cet emballement. « L’Etat a eu des dépenses exagérées. Le gouvernement central emprunte aujourd’hui pour rembourser ses emprunts. L’Etat n’a pas été géré de manière professionnelle. Des lois de finances sont votées par le parlement.Ces lois qui programment dépenses et ressources de l’Etat ne sont jamais appliquées. Pire, les budgets ne sont ni clos, ni publiés. Nous ne savons pas depuis plus de 10 ans comment est dépensé l’argent public. Personne n’a accès à l’exercice comptable budgétaire de 2018, par exemple, de l’Etat central », avance Samir Aïta . «Cette mauvaise gouvernance, ce manque de transparence est à l’origine de la crise de la dette du pays », dénonce Samir Aïta. «Les créanciers se méfient et donc l’Etat libanais doit payer des taux d’intérêts élevés pour financer sa dette ».

Des politiques économiques et financières inefficaces

Dans ce contexte, la continuation des politiques économiques actuelles conduira le pays sur la voie de l’implosion économique et sociale et de la désintégration politique. Plus précisément, nous prévoyons sept conséquences :

– L’économie connaîtra une profonde récession. Les pénuries de dollars obligeront l’économie à s’adapter à une baisse importante des importations. Les contrôles des banques et des capitaux ont déjà durement touché une économie fortement bancarisée — les fermetures d’entreprises, les réductions de salaires et les licenciements sont déjà devenus courants. Le secteur public se repliera en raison de conditions de financement difficiles. Dans ce scénario, nous prévoyons que l’économie devrait connaître une contraction à deux chiffres en 2020, c’est-à-dire une récession équivalente à ce que les États-Unis ont connu pendant la Grande Dépression des années 1930.

– La livre libanaise s’affaiblira fortement pour équilibrer l’offre et la demande de dollars. Si les politiques économiques et financière actuelles restent inchangées, celle-ci devrait fortement chuter, allant jusqu’à perdre, selon nos prévisions, jusqu’à la moitié de sa valeur, conduisant à une inflation élevée. Cela aura un impact négatif massif sur le coût de la vie et la disponibilité des biens essentiels (la nourriture, les soins de santé, ..), ainsi que sur les entreprises et le chômage.