Vidéo-Henri Camara témoigne sur Bouba Diop : « Ce qu’on s’est dit dans nos derniers messages »

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Entre Henrri Camara et le défunt Pape Bouba Diop, c’est une belle histoire d’amitié. Les deux footballeurs qui se qui se sont rencontrés pour la première fois au Jaraaf de Dakar ont su tisser des liens solides et développer une complicité exemplaire en dehors des pelouses. Henri Camara retrace les moments les plus fabuleux.

Comment est née votre amitié avec Pape Bouba Diop ?

Cela a démarré en 1996 au Jaraaf de Dakar. Bouba Diop venait faire des tests. Comme je faisais partie des cadres de l’équipe, je suis venu voir les tests. J’ai vu plein de jeunes talentueux, dont Bouba diop qui était numéro 10, géant et technique. Quand je suis retourné rejoindre es coéquipiers, c’était notre dernière année dans la catégorie junior, je leur ai dit : <> Ils étaient là à se dire non nous sommes des anciens que nos places sont sécurisées. Le lendemain, je suis allé m’entraîner avec ceux qui faisaient le test pour assurer ma place. Donc je suis tombé sous le charme de Bouba Diop dès le premier jour que je l’ai vu jouer.

J’ai tout fait pour être son ami parce que j’étais l’attaquant et il me fallait faire duo avec un joueur comme lui. C’est au jaraaf qu’on a commencé à partager le même lit. On jetait nos matelaspar terre pour pouvoir les mettre côte à côte, ensuite on prenait nos lits pour délimiter notre espace à nous deux. Voilà comment est partie notre amitié.

Comment avez-vous fait pour vous retrouver ensemble en Suisse, à Neuchâtel Xamax.

Je suis allé un an avant lui, après il m’a rejoint. Quand je suis allé en Suisse, il m’a beaucoup manqué et j’ai tout fait pour qu’il me rejoigne. Quand il est arrivé en Suisse pour faire des tests, on l’avait amené dans une ville un peu loin de là ou j’étais. Il m’a dit que son lieu de logement n’était pas nickel, il était avec deux autres joueurs. J’ai dit à mon coach que Bouba n’allait pas passer la nuit à cet endroit-là, qu’il allait venir avec moi à Neuchâtel. J’ai insisté en disant que je ne pouvais pas le laisser dormir dans un tel endroit. Bouba voulait rester, mais j’ai insisté pour qu’il range ses bagages et qu’il vienne avec moi à Neuchâtel, mais il s’entraînait avec une équipe ( Verey-Sport ) de troisième division, le temps qu’on règle ses papiers.

Votre histoire née au Jaraaf consolidée en Suisse a connu son paroxysme en équipe nationale…

Il y avait quelque chose de très fort entre nous, un truc divin. Je ne sais comment l’expliquer, mais à chaque fois que Bouba doit réussir dans quelque chose, ça passe par moi. Quand il devait intégrer l’équipe nationale du Sénégal, j’ai joué un rôle. On venait de terminer nos vacances et dans le vol du retour, j’ai aperçu Bruno Metsu en première classe. Je suis allé parler à Metsu et dans la discussion, je lui ai dit que je suis avec une mes amis dans le vol, un joueur, un milieu de terrain très fort qui pourra apporter quelque chose à l’équipe nationale. J’ai présinté Bouba à Bruno Metsu dans l’avion. Bruno m’a promis de l’appeler en sélection et il l’a fait. Après le premier match de Bouba, Metsu m’a dit : <>. J’ai appelé Bouba pour lui dire que l’entraîneur était content de lui. Bouba n’a pipé mot, il était ému. Après, il a été régulièrement sélectionné, mais c’est en 2002 lors du match contre le Nigeria qu’il a gagné à jamais sa place dans le onze de départ.

Aujourd’hui, la mort vous sépare…

Je l’ai appelé la semaine passée, je lui ai envoyé un message, il n’a pas répondu. J’ai appelé, il a coupé puis il m’a envoyé un message. On a échangé, mais il me rassurait. Je ne voulais pas lui parler de la maladie directement, mais je lui ai dit que je là au cas ou il aurait besoin de moi. <>, c’est le dernier message qu’il m’a envoyé. Quand j’ai appris sa mort, je me suis enfermé dans ma chambre pour pleurer, nos images défilant dans ma tête. Je me suis dit : il fallait qu’il me retrouve pour enfin partir. Parce que c’est dans la semaine qu’on s’est parlé qu’il est mort.

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